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Partage de printemps #4

Partage de printemps #4

Chères amies, chers amis,

Pour ce nouveau partage de printemps, posons sur nos cœurs une couronne ceinte de la beauté de nos âmes et découvrons ces nouveaux chemins. Ci-dessous nous relayons le dernier texte de Monique Schloupt ; un extrait de la "Clef des contes" de Satprem ou dans cet ouvrage le poète et philosophe nous fait part de sa vision de l’Homme...être de transition ; un poème de Birago Diop proposé par Marianne Auricoste et enfin nous vous proposerons de suivre le lien vers un article éclairant sur la crise actuelle de notre humanité publié par l’auteur Charles Eisenstein

Bonne lecture, avec toutes nos plus belles pensées.

Texte de Monique Shloupt
Bonjour à tous, 

Nous voici à nouveau réunis. Comment allez-vous ? La situation actuelle de confinement se poursuit plus facilement pour les uns, et plus difficilement pour les autres. Nous avons passé bien du temps à réfléchir, à penser à notre planète, nos responsabilités prises ou non prises mais nous n’allons pas non plus passer tout notre temps dans ce processus de pensées sinon nous allons régresser plutôt qu’évoluer !
Certes, nous avons des efforts à faire, des choses à comprendre, à réaliser mais finalement, cherchons-nous au bon endroit ? Si nous avons, durant tout ce temps, pensé à ce que la Terre nous avait envoyé comme message, il serait peut-être temps de penser à ce que l’Univers nous a envoyé, lui aussi, comme message … Finalement, sommes-nous sur le bon chemin dans notre façon de penser ? Car le but de cette expérience est bien de retrouver notre liberté mais de ne pas oublier l’expérience. Réfléchissons-nous dans le bon sens ? Avons-nous tout exploré ?
Quand je vous parle de notre liberté, actuellement, nous en sommes privés et nous nous retrouvons à vivre dans un espace limité. Un peu d’ailleurs comme notre corps physique,qui, lui aussi, est limité dans la matière ! Vous vivez donc actuellement dans un espace limité, pour y vivre seul ou à deux ou avec toute la famille ce qui rend le lieu plus limité encore… Pendant ce temps-là, l’invisible, lui, prend ses aises.
Finalement, nous sommes les prisonniers de quelque chose qui ne se voit pas n’est-ce pas … c’est presque surréaliste ce que nous vivons maintenant... Nous avions donc fini par croire que tout ce qui existe doit se voir… et pourtant, aujourd’hui, nous sommes placés devant cet infiniment petit et invisible qui existe, alors que nous ne l’avons pratiquement jamais considéré. Il est là et on l’a sous-estimé parce que nous, les Êtres Humains, pensions sans doute que nous avions le contrôle de tout ce qui pouvait exister sur la terre.

Reposons-nous mais restons éveillés !
Oui, restons éveillés car pourtant l’invisible est bien là dans l’ombre certes, nous en faisons l’expérience mais aussi dans la Lumière ...C’est peut être aussi le moment de mieux comprendre cet invisible et cette Lumière qui est aussi une partie de nous ; très certainement la plus belle, la plus grande et la plus élaborée de tout notre processus de vie. D’ailleurs, nous y trouverons aussi nos pensées, les énergies, notre Âme ...et encore bien d’autres choses qui n’appartiennent pas au monde de l’espace et du temps. Et malgré tout, cet invisible, cette Lumière, est partout, à l’extérieur de nous et à l’intérieur de nous ...
Voilà ce qui est à travailler aujourd’hui pour retrouver notre grandeur, pour élever, en chacun de nous, notre conscience et ainsi participer à l’élévation de la conscience universelle. Ainsi, voyez-vous, dans ce travail d’élévation de conscience, l’ombre aura moins d’impact sur le monde et la Lumière,enfin, pourra revenir imprégner chaque être dans toute sa beauté. C’est ici que réside la solution pour notre évolution. Soyons très attentifs à ceci.
Continuons à envoyer cette Lumière sur toutes ces personnes en souffrance, sur tous les êtres quels qu’ils soient pour ramener la vibration juste sur la terre à travers nos prières, nos soins, nos aides, nos élans de solidarité, de fraternité et d’Amour que nous avons pour chacun d’entre nous.
Que notre réveil pour un nouvel éveil soit un pas lumineux de plus pour l’évolution des hommes sur la terre et soyons vraiment convaincus que ce travail est un travail de chaque jour, sans relâche et en toute conscience.
Merci 
Avec ma plus grande affection
Monique Schloupt

Texte de Satprem , 1997 La Clef des Contes

Soudain, la Nouvelle s’est répandue : il n’y avait plus de nouvelles !
La Grande Panne.
Plus de communications.
Plus rien ne fonctionnait…
C’était une stupéfaction, presque une panique.
Mais alors, mais alors ?...quoi ?
Les gens s’arrêtaient dans la rue, se regardaient, regardaient ce rien subit, c’était plus stupéfiant qu’une guerre, une révolution.
C’était la révolution du Rien - un zéro béant.
Plus rien, mais alors plus rien ne fonctionnait : pas de nouvelles, plus de radio, plus de journaux, plus de trains ni d’avions vrombissants avec leur palpitation du monde…un grand silence nul. Les Chefs d’Etat ne pouvaient plus annoncer leurs dernières améliorations, ni l’amélioration des sous-développés et de la baisse des prix – plus rien ne valait rien ! Les grandes mafias de la Paix ne pouvaient plus annoncer leurs pourparlers de guerre, les « droits de l’homme violé » ne pouvaient plus rien violer ni voler – les affaires ne marchaient plus. On ne savait plus où était l’homme dans tout cela, il n’y avait personne pour le lui dire, ni qu’il était pauvre, ni qu’il était riche, ni qu’il était maltraité – il était quoi ?
Les hurlements de la « guerre sainte » s’étaient tus, il n’y avait plus de saintetés nulle part, ni personne à sanctifier ou à zigouiller. Les saints boniments n’étaient plus diffusés et télévisés, il n’y avait plus rien à moraliser ou à démoraliser. Les dernières découvertes n’étaient plus découvertes ni les nouvelles maladies, et les radiographies ne découvraient plus d’hommes malades – il n’y avait plus de malades – la grande maladie s’était tue. Il n’y avait plus d’assassinats ici, d’explosions là, plus de Bulletins des meurtres et des grands vilains d’à côté – enfin on ne palpitait plus, on ne se désolait plus, on ne se dégoûtait plus. La grande dégoûtation s’était tue.
C’était le grand silence, effarant.
On ne pouvait plus trafiquer de rien, c’était la baisse des prix instantanée, même des kalachnikovs et des bureaucrates et des conseils de guerre et des conseils de paix – il n’y avait plus de capitales du monde nulle part, plus de slogans hypnotiques, chacun était sa capitale, plus de cours du franc ni du dollar ni de rien. Il y avait toujours le char à bœufs et le champ de patates à côté. Et pour les messages urgents, on pouvait toujours se servir des pigeons voyageurs – mais il n’y avait plus rien d’urgent, sauf de se regarder dans les yeux avec effarement. Tout le monde était nu et ne comprenait plus rien à rien. Même les astronautes étaient en panne sous leur scaphandre et pouvaient seulement marcher dans le ciel pour observer…quoi ? Il n’y avait plus rien à observer sauf son propre nombril à la dérive.
Ce n’était pas la fin du monde, pourtant, mais c’était un cataclysme épouvantable et silencieux, comme si plus rien n’existait, sauf le poulailler du voisin et le cri du milan qui décrivait des cercles dans les airs. Il n’y avait même plus de stéthoscope pour observer les battements de son cœur – pourtant, çà battait tout seul encore. Mais c’était très seul subitement. C’était effrayant. Et il n’y avait plus de chômage tout d’un coup, chacun devait faire marcher ses deux pattes et ses bras, il n’y avait plus de frontières nulle part.
Les crustacés pensants ne savaient plus quoi penser. Alors tout allait mieux subitement.
Il n’y avait plus de théorie à faire – chacun devait faire la sienne, sur le vif. C’était épouvantable.
Mais les cœurs simples, les corps assaillis, sentaient soudain comme un invisible poids soulevé, une inquiétude de vivre partie dans un autre Rythme.
C’était une autre Vie, il fallait tout apprendre par d’autres moyens.
Mais le petit rossignol chantait et la mouette rieuse courait sur l’écume du monde léger.

Ecoute plus souvent Les choses que les êtres La voix du feu s’entend écoute dans le vent le buisson en sanglots C’est le souffle des ancêtres

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis, ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
et dans l’ombre qui s’épaissit,
les morts ne sont pas sous la terre :

ils sont dans l’arbre qui frémit, ils sont dans le bois qui gémit, ils sont dans l’eau qui coule
ils sont dans l’eau qui dort,

ils sont dans la cave, ils sont dans la foule : les morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
les choses que les êtres
la voix du feu s’entend, entend la voix de l’eau, écoute dans le vent
le buisson en sanglots.
C’est le souffle des ancêtres, le souffle des ancêtres morts, qui ne sont pas partis,
qui ne sont pas sous la terre, qui ne sont pas morts.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis, ils sont dans le sein de la femme,
ils sont dans l’enfant qui vagit
et dans le tison qui s’enflamme.

Les morts ne sont pas sous la terre, ils sont dans le feu qui s’éteint,
ils sont dans les herbes qui pleurent, ils sont dans le rocher qui geint,

ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure : les morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
la voix du feu s’entend, écoute la voix de l’eau, écoute dans le vent
le buisson en sanglots.
C’est le souffle des ancêtres.

Découvrez le texte "Le couronnement" par Charles Eisenstein

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