Les Intervenants de l'Agora

Michel Passelergue

Michel Passelergue

Ma première rencontre avec la poésie a lieu quand, lycéen, je lis "Soleils couchants" de Verlaine. J’ai alors quinze ans et je découvre qu’un poème peut, à l’égal de la musique, nous donner à vivre l’indicible du temps. Après Verlaine, je lis avidement Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud. Puis, élève de terminale, j’apprends que Georges Limbour, notre "prof de philo", a été surréaliste. La découverte des ouvrages d’André Breton, Eluard, Artaud, Char est déterminante. Mes premiers poèmes sont résolument marqués par le surréalisme : importance donnée à l’image, abandon délibéré à une pensée analogique.

Plus tard je tenterai de concilier la minutieuse élaboration du poème (que j’admire chez Mallarmé) avec l’intuition fulgurante qui ouvre l’écriture à certains automatismes. D’où des livres très composés qui cherchent à conjuguer le jeu des contraintes et celui des apports les plus spontanés. Je souhaite aussi faire "dialoguer" la poésie avec d’autres domaines : poèmes inspirés par la musique ou la peinture.

Quand je rejoins la revue "Phréatique" et son activité stimulante (on y développe les pratiques transdisciplinaires), je multiplie les expériences nouvelles pour moi : textes critiques, études, traduction, interviews. C’est alors que je me tourne vers le poème en prose. Un travail en profondeur qui aboutira à l’interpénétration poésie-prose, caractéristique des "Lettres à Ophélie" et de "Lontana in sonno". Le "Journal de Traverse", qui rend compte du quotidien de ma pratique de la poésie, est un autre exemple de forme hybride.

Si plusieurs de mes recueils disent "le travail sans relâche de la mort sur le vif" (comme le note Jean Hourlier) c’est aussi pour que s’y lise, en creux, un attachement indéfectible à la vie. Cioran l’a écrit : "Face au tout de la mort, le rien de la vie est une immensité".

Ce "rien de la vie" est sans doute l’étincelle qui m’aura permis d’écrire, après "Lettres à Ophélie", les "Lettres d’Elseneur" et, aujourd’hui, "Fragments nocturnes pour une chanson d’aube".

Ouvrages de Michel Passelergue :

  • EROSION, 1962-1968 (Pierre Jean Oswald)
  • NYX, 1969 (Formes et langages)
  • LE FEU ET LA PAROLE, 1970-1972 (Formes et langages)
  • VERS LA FLAMME, 1972-1974 (Formes et langages)
  • L’OREILLE ABSOLUE 1969-1977 (Formes et langages)
  • IMPASSES, 1981-1985 (G.R.P.)
  • UNE LETTRE OUVERTE AU SILENCE, 1982-1986 (G.R.P.)
  • LA NUIT, L’AUTRE, 1987-1993 (La Bartavelle)
  • ZODIAQUE APOCRYPHE ET AUTRES ECRITS HARMONIQUES, 1990-1997 (G.R.P.)
  • ALLEGORIES PERDUES, 1994-1998 (G.R.P.)
  • LE TEMPS ETROIT, 1998-2000 (G.R.P.)
  • LE REEL, J’IMAGINE, 1981-2004 (L’HARMATTAN)
  • LETTRES A OPHELIE, 1999-2004 (L’arbre à Paroles)
  • OMBRES PORTEES, OMBRES ERRANTES, 2001-2009 (Editions du Petit Pavé)
  • LONTANA IN SONNO, 2009-2010 (Editions Aspect)
  • FRAGMENTS POUR L’INEXTINGUIBLE, 2002-2011 (La Porte)
  • JOURNAL DE TRAVERSE, 2003-2012 (Rafael de Surtis)
  • COROLLAIRES AU POINT DU JOUR, 2006-2013 (La Porte)
  • MIROIR SANS ISSUE, 2012-2013 (Editions du Petit Pavé. Parution 2015)
  • LETTRES D’ELSENEUR, 2OO8-2014 suivi de FLORILEGE POUR OPHELIE, 1961-1997 (Tensing Parution 2015)

En préparation :

  • DES JOURS ENTRE LES MOTS (Journal de traverse 2)
  • FRAGMENTS NOCTURNES POUR UNE CHANSON D’AUBE
  • FRAGMENTS POUR L’AUTRE RIVE
Michel Passelergue
D’Orphée à Ophélie…

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